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La plus longue expérience sur le bonheur et ses 3 leçons

Longue de 80 ans, la Harvard Study of Adult Development est l'étude la plus importante sur le bonheur. Et ce que les scientifiques ont trouvé dépasse tout ce qu’ils pouvaient imaginer. Voici le secret du bonheur et les 3 leçons tirées de cette expérience unique


Spaghetti alle vongole, du vin et des amis: ma vision du bonheur.


En 1938, durant la Grande Dépression, un groupe de scientifiques a commencé à suivre 268 étudiants d’Harvard. (JFK en faisait partie.) Ils souhaitaient étudier les facteurs environnementaux participant au bonheur et à une bonne santé.

L’étude s’est ensuite étendue à leur femme, leurs enfants et les enfants de leurs enfants. Elle compte aujourd’hui plus de 1300 participant(e)s à travers le pays. Elle se déroule sous la houlette du Dr Robert Waldinger, qui a présenté les résultats lors d’un Ted Talk légendaire.


Comment se déroule la Harvard Study of Adult Development ?


Tous les deux ans, les scientifiques soumettent aux participant(es) un questionnaire, les interviewent, parlent à leurs proches, leur font passer un check up médical complet et scannent même leur cerveau.

Ce qu’ils ont découvert est à la fois attendu - relevant du bon sens du genre l’argent ne fait pas (totalement) le bonheur - mais aussi et surtout bien plus radical que ce qu'ils imaginaient.

1) Le secret du bonheur se trouve dans la qualité de vos relations


Ok l'argent est important. Tout comme la pratique régulière d'une activité physique ou encore le fait de bien manger. Mais rien n'est aussi fondamental que la qualité de vos relations.


Surtout pour des scientifiques.


Peut-être que vous vous dites que c'est quelque chose de déjà su. Que c'est même cul-cul.


Et pourtant...


Les implications sont bien plus profondes que ce que vous imaginez, tellement le facteur relation est plus important que les autres. A tel point que...


2) La qualité de vos relations à 50 ans détermine l'état de votre santé à 80


Les scientifiques se sont prêtés à un jeu. Sans se référer à la santé réelle d'une série de retraités, ils ont tenté de la deviner en se basant sur différents indices récoltés quand ils avaient 50 ans.

L'indicateur d'épanouissement et de bonne santé le plus fiable est la qualité des relations d'une personne. Plus que le statut social, le QI ou le taux de cholestérol.


Le plus dingue: ça ne vaut pas seulement pour le présent et le futur immédiat, mais pour les 30 ans à venir.


Soigner ses relations avec ses proches protège des maladies psychologiques, ralentit les déclins mental et physique, participe à une meilleure mémoire tout au long de la vie et diminue même les douleurs physiques liées au vieillissement.


Il en résulte que... 3) La solitude tue autant que le tabac ou l'alcoolisme


C'est peut-être le point le plus controversé de l'étude. J'avais déjà lu un papier scientifique concluant, en gros, qu'il valait mieux à un moment de notre vie boire et manger de la viande en compagnie que vegan seul.

Pourtant, quand j'aborde ce point entre amis, l'ambiance s'embrase autant qu'un débat stérile entre le cousin de gauche et l'oncle de droite à un repas de Noël.


C'est peut-être que la solitude bénéficie d'une aura de romantisme. Genre retraite spirituelle ou méditation.


Bien sûr on a toutes et tous besoin de nos moments à nous, en fin ou en début de journée et pourquoi pas lors de séjours plus longs, isolés de cette folle civilisation.


Mais bon finir ses jours seul dans un appart' (ou en compagnie de quelqu'un avec qui on n'a plus rien à partager) et recevoir la visite des gosses et des petits-enfants un week-end sur deux, c'est le meilleur moyen de ne pas profiter de sa retraite.


Et si ceux qui vieillissent le mieux ne fument pas et consomment de l’alcool en modération, le point commun entre ceux qui vieillissent mal ou pas du tout, c’est le fait d’être (ou de se sentir) seul.


Alors voyageons, travaillons, partons à la conquête du monde, tentons de gagner beaucoup d'argent, créons, dessinons, écrivons.


Mais surtout: aimons.