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Tout ce que votre prof de français a oublié de vous apprendre sur l’écriture résumé en 15 points.



Ça fait 5 ans que je pose des mots un peu partout sur internet.


J'ai accumulé des dizaines de millions de vues, travaillé avec des maisons d'édition, des grandes marques et des entrepreneurs audacieux, ai été community manager, copywriter, content marketer et à peu près tout ce qui se finit en -er.


Laissez-moi vous dire un truc.


Le plus dur n'a pas été d'apprendre à écrire pour le web, mais de désapprendre ce que m'avait transmis mon prof de français.


Phrase P, adverbes, mots liants, gna gna gna, tout ce qui compte c'est de répondre aux deux questions suivantes:


  • Comment capter l'attention ?

  • Comment la garder ?


Gardez l'orthographe (et dire qu'ils veulent arrêter les dictées...) et jetez le reste.


Voici, en 15 points, tout ce qu'il a oublié de vous apprendre sur l'écriture.


1. Compter le nombre de pages ou mots est inutile.


En classe, c’est “votre dissertation devra faire au moins 5 pages”.


Sur internet, c’est “t’as 3 secondes de mon attention pour me raconter un truc qui m’intéresse.”


Aussi long que nécessaire mais aussi court que possible.


2. Ecrivez à la voix active.


"Le titre a été remporté par les Chicago Bulls" demande une gymnastique du cerveau pour imaginer la scène. "Les Chicago Bulls ont remporté le titre", c’est direct, on est dans l’action.


3. Evitez les négations.


Vous connaissez le fameux: ne pensez pas à un éléphant rose.


Le cerveau échoue à se représenter la négativité.


En plus ça fait passif-agressif.


"N’ayez pas peur" devient "ayez confiance."


4. Supprimez les “modalisateurs d’opinion”.


Pas sûr de la dénomination, mais je parle des “d’après moi, je pense que, à mon avis” si chéris de nos profs. C’est vous qui écrivez, on sait que c’est votre opinion, pas besoin de le préciser.


Assumez.


5. Ecrivez à une seule personne.


Les amateurs écrivent “pour des lecteurs” alors qu’ils n’en ont aucun. Les pros écrivent “pour leur lecteur idéal” alors qu’ils en ont à la pelle.


6. Vos histoires intéressent vos lecteurs.


Quand je pense qu’on n’a reçu aucun cours sur l’écriture créative, ça me rend dingue.


Vivez des aventures et racontez ce que vous avez appris.


C’est bien joli de lire Balzac, mais si vous ne racontez pas votre histoire, qui le fera ?


7. Répétez-vous.


La figure rhétorique de la répétition est trop souvent diabolisée.


  • Répétez votre idée à l’infini.

  • Répétez les mots importants.


La maîtrise de la répétition est l’un de vos meilleurs alliés en communication.


8. Faites briller votre unicité.


A l’école, on apprend à écrire de manière neutre. Vous savez qui écrit de manière neutre une fois adultes ? Les avocats, les gens qui travaillent dans les administrations, les banquiers, tout ça tout ça. Vous voulez écrire comme eux ? Moi pas.


9. Apprenez à persuader.


On essaie toujours de convaincre quelqu’un de faire ou de croire à quelque chose.


A l’écrit encore plus qu’à l’oral.


Baudelaire comme Bezos, Balzac comme Buffet.


Ecriture et persuasion sont intimement liés.


10. Supprimez les adverbes.


Les adverbes c’est l’huile de palme de l’écriture. Si vous devez en utiliser, c’est que votre propos est faible. "Il ferme la porte brutalement" devient "il claque la porte" et c'est bien mieux.


11. Variez les longueurs de vos phrases.


A l’école on nous apprend à faire des phrases P.


Sur Internet, à rédiger des phrases courtes.


La vérité n’est pas entre les deux, elle est un peu dans les deux et beaucoup dans la variation des deux.


12. Supprimez le mot “très”.


Sérieux, il sert à quoi ?


"L’acné est très sévère."


"L’acné est sévère."


Le superlatif absolu a même quelque chose de kitsch, de ridicule, de surfait.


13. Augmentez votre taux de révélation.


Introduction vague, thèse, antithèse, conclusion nuancée… Le taux de révélation, c’est le rythme auquel se succèdent les nouvelles informations. A l’école, il est lent. Sur internet, il est plus que rapide, il est frénétique.


14. Votre texte doit pouvoir être lu en diagonale.


Lire de A à Z, c’est anti naturel.


Quand on a un livre entre les mains, ça passe. Mais sur le wild wild web, c’est autre chose. Utilisez des sous-titres et ceux-ci devraient être suffisants à la compréhension du texte.


15. Commencez par une 1re phrase qui accroche.


  • Une affirmation audacieuse.

  • Le début d’une histoire palpitante.

  • Un chiffre-clé surprenant

Et terminez par une dernière phrase mémorable.


BONUS: rejoignez Encre canaille pour rester inspiré.


Bon ça, votre prof de français ne pouvait pas le savoir, je n'avais pas encore lancé ma newsletter. Pardonné, à condition d'y remédier maintenant.


Et si vous doutez (encore) que le web a ses propres règles, tentez d’écrire sur des médias différents.

  • Twitter

  • Magazine imprimé

  • Journal personnel

  • Google Doc

  • Papier

  • Etc.

Si l’écriture change, imaginez ce qu’il en est de la lecture.