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7 écrivains connus qui ont commencé comme copywriters.

Hier soir, j'ai dévoré Le petit déjeuner des champions - le roman déjanté de Kurt Vonnegut, grande figure de la littérature américaine.


Kurt Vonnegut ressemble à ceci (à droite sur la photo).



Et comme je revenais d'une session de sport, on peut dire que j'ai suivi à la lettre les recommandations de Gary Halbert - grande figure du copywriting tout court.


Dans ses fameuses Boron Letters, Gary Halbert enjoint son fils à ne pas se limiter à lire des pubs et des lettres de vente et des ouvrages sur le marketing.


Il l'encourage à pratiquer du sport tous les matins et à lire de grands auteurs de fiction tous les soirs.


Il va même jusqu'à dire qu'il n'y a pas meilleur moyen de progresser en copywriting que de lire les grands auteurs de fiction.


Là sont les plus belles plumes.


Une évidence que semblent oublier les copywriters digitaux. Ce qui est dommage, parce que ce sont eux qui en ont le plus besoin.


Qui se contente aujourd'hui d'écrire des lettres de vente ? Personne. Un copywriter, c'est avant tout un écrivain. Il écrit des articles de blog pour se faire connaître, des articles sur Medium pour tenter d'échapper à la dictature du SEO, des réponses sur Quora, des slogans, des mails quotidiens pour nouer une relation forte avec son audience et des publications LinkedIn pour se créer un réseau professionnel.


Et ensuite, s'il arrive à attirer, inspirer et convaincre d'autres personnes, des mails et des pages de vente pour des clients.


Stephen King dit qu'un écrivain est avant tout quelqu'un qui lit beaucoup.


L'écriture est le résultat de la lecture.


Contentez-vous de lire des ouvrages d'entrepreneurs du web mal traduits et vous écrirez comme un entrepreneur du web mal traduit.


Le fait que nombre d'écrivains connus aient commencé leur carrière comme copywriter vient conforter une idée à laquelle je crois dur comme fer.


En voici 7.


1. Frédéric Beigbeder.


L'auteur de L'amour dure trois ans a fait ses premières armes chez Young & Rubicam à Paris.


La légende raconte qu'il a été viré en 2 000, suite à la parution du roman 99 Francs.


Frédéric, si vous passez par là, merci de confirmer.


(Merci aussi de me faire parvenir une bouteille de votre Vodka, dédicacée. Une fois vidée de sa substance enivrante - ce qui ne devrait pas prendre trop de temps - elle jouera les serre-livres, entre L'homme qui pleurait de rire et Les jours s'en vont comme des chevaux sauvages dans les collines.)


Une aubaine pour les âmes soignées, puisque Frédéric Beigbeder va offrir au monde quelques-unes des plus belles pages de la littérature francophone moderne.


Je sais, pour certains, ce que je viens de dire est une hérésie littéraire. Le personnage est controversé, débattu, voire mal-aimé. Surtout: il est trop rarement lu.


Mais quand on se plonge vraiment dans ses oeuvres, c'est beau et ça fait du bien.


Son double rôle d'écrivain et de critique fait de ses écrits à la fois une fin littéraire et un moyen pour (re)découvrir des plumes légendaires.


Anecdote sympa: l'auteur a terminé l'écriture de son roman en s'isolant dans une maison d'hôte près de Cahors. Une Entreprise du Patrimoine Vivant pour laquelle j'ai écrit plein de lettres de vente.


2. Francis Scott Fitzgerald.


Cette liste est une pléiade.


En 1919, le compte en banque anorexique, Fitzgerald se rend à New York pour dégoter un job en tant que journaliste.


Il n'essuie que des refus.


Il finit par trouver un travail en tant que concepteur-rédacteur chez Barron Collier, une ancienne agence de pub nichée à Manhattan.


Il se fait un nom dans le milieu grâce à quelques slogans bien trouvés, dont celui pour une blanchisserie située à Muscatine, ville des Etats-Unis: we keep you clean in Muscatine.


Son expérience dans la comm' sera de courte durée. Une année plus tard, il publie son premier roman, L'envers du paradis, lançant sa carrière de romancier.


3. James Patterson.


James Patterson, c'est un peu le Fleury Michon de la littérature. Une production industrielle qui se vend dans tout le pays et au-delà.


S'il a bel et bien écrit ses premiers polars, les centaines suivantes n'ont plus rien d'artisanal. Elles sont l'oeuvre de petites mains cachées dans des usines littéraires.


Mais bon, ça marche pour lui. Ses +200 romans se sont écoulés à plus de 500 millions d'exemplaires.


Avant ce délire, James Patterson traînait sa plume dans les bureaux de l'agence J. Walter Thompson.


4. Salman Rushdie.


Le natif de Bombay est aujourd'hui l'un des plus grands romanciers vivants. Ses Versets Sataniques ont eu l'effet d'une bombe lorsqu'ils ont été publiés, en 1988.


Avant de provoquer des ulcères dans l'estomac du guide suprême iranien Khomeiny - ce dernier a lancé une fatwa à son encontre, obligeant l'écrivain à vivre caché durant plus d'une décennie - Rushdie se contentait d'écrire des slogans.


Il a notamment travaillé chez Ogilvy, où il a écrit la tagline du Daily Mirror: look in the Mirror, you will like what you see.


5. Elmore Leonard.


Le roi du roman policier a commencé à jouer avec les mots pour le compte de l'agence Campbell Ewald, dans le froid de Détroit.


C'était la plume attitrée de Chevrolet.


Il a ensuite écrit près de 50 romans. 27 ont été adaptés au cinéma. Parmi eux: Out of sight, dirigé par Steven Soderbergh et Jackie Brown, dirigé par Quentin Tarantino.


Son meilleur conseil en écriture ?


Si ça ressemble à de l'écrit, je réécris.

6. Don DeLillo.


Fils d'immigrés italiens, Don DeLillo commence à travailler pour Ogilvy à New-York. Une expérience qu'il abandonne après 5 longues années. Non pas pour se lancer dans l'écriture d'un roman, mais pour avoir ses après-midis de libre et flâner dans les salles obscures du quartier.


Il publie quelques nouvelles qui vont influencer le cinéma européen, notamment celui de Jean-Luc Godard, avant de sortir son premier roman en 1979, Americana.


La suite est une succession de best-sellers et une place en or dans l'histoire de la littérature américaine.


7. Kurt Vonnegut.


Quand on rédige un article, il faut toujours commencer par la fin et finir par le début.


Le petit déjeuner des champions est dédié à Phoebe Hurty, une femme qui a marqué l'adolescence de l'auteur.


Elle écrivait des publicités pour un grand magasin d'Indianapolis. Elle a écrit un slogan pour une promo sur des chapeaux de paille que Kurt adorait mais qui rend très mal en français: "A ce prix-là, vous pourriez les faire passer par votre cheval et en faire profiter vos rosiers."


La langue n'est pas un ensemble de mots, mais un véritable code qu'il faut pratiquer chaque jour de manière assidue pour en comprendre les subtilités.


Ce qui me fait penser à ces employeurs qui cherchent des rédacteurs maîtrisant parfaitement à la fois l'anglais et le français.


Lol.


En Suisse, c'est encore pire puisqu'on a 4 langues nationales.


Certains exigent une maîtrise écrite et orale parfaite de l'anglais, du français, de l'allemand et parfois même de l'italien.


Re-lol.


Bref, cette Phoebe Hurty a engagé un Kurt âgé de 16 ans pour l'aider à écrire des publicités.


L'un des plus grands auteurs satiriques des USA a donc, lui aussi, débuté comme copywriter.


Vous voulez progresser en rédaction commerciale ? Lisez de la fiction (et ajoutez dans vos écrits un zeste de persuasion).


Hugh Hefner et Ridley Scott et bien d'autres personnalités célèbres ont été copywriters.


Bref, le but de l'article n'était pas de suggérer que le copywriting est un terreau fertile pour gens géniaux (hum.. hum...), juste d'encourager la lecture des grandes oeuvres de fiction.


Alors je vais m'arrêter là et me régaler d'un bon livre au soleil.


Loris

Encre canaille.